Instabilité de rotule

Qu’est ce que l’instabilité de rotule ?

La rotule (=patella) est l’os situé à la partie antérieure du genou. Elle est recouverte de cartilage et fait face au cartilage situé à la partie inférieur du fémur appelé la trochlée.  On parle d’articulation fémoro-patellaire. La trochlée, par sa forme concave (creuse), stabilise la rotule lors de la flexion du genou.

L’instabilité de rotule (instabilité patellaire) traduit une anomalie de fonctionnement de l’articulation fémoro-patellaire.

Il existe deux types d’instabilité de rotule:

  • Instabilité patellaire objective : le patient présente des facteurs radiologiques d’instabilité et a eu un ou plusieurs épisodes de luxations de rotule.
  • Instabilité patellaire potentielle : le patient présente des facteurs radiologiques d’instabilité mais n’a jamais eu d’épisode de luxation de rotule.

Le premier épisode de luxation de rotule survient le plus souvent lors d’un traumatisme. La rotule n’est plus à sa place habituelle : elle est luxée en dehors de la trochlée. Cet épisode est accompagné d’une douleur importante et brutale et d’une hémarthrose (épanchement articulaire de sang lié à la rupture du ligament fémoro-patellaire médial, ligament situé entre la rotule et le fémur). La luxation peut se réduire spontanément  ou nécessiter l’intervention d’un médecin.

Après un premier épisode de luxation, une attelle de genou et des séances de kinésithérapie pour renforcement musculaire sont prescrites. Dans certains cas, malgré la rééducation, les épisodes de luxation se reproduisent : on parle de luxation récidivante de rotule.

Pourquoi ma rotule se luxe ?

Il existe trois principaux facteurs d’instabilité de rotule :

  • La dysplasie de trochlée : c’est une anomalie de forme de la trochlée qui est plate ou convexe (bombée) au lieu de sa forme concave (creuse) habituelle. C’est le principal facteur d’instabilité de rotule, retrouvé dans 96% des cas. Il existe 4 stades de dysplasie de trochlée.
  • La hauteur rotulienne : la rotule est trop haute. C’est le deuxième facteur d’instabilité de rotule, retrouvé dans 30% des cas. La rotule s’engage dans la trochlée dès les premiers degrés de flexion du genou où elle se trouve stabilisée. Lorsque la rotule est trop haute par rapport à la trochlée, elle s’engage de manière tardive entraînant un risque de luxation.
  • La distance entre la tubérosité tibiale antérieure (où se situe l’insertion du tendon rotulien) et le fond de la trochlée, appelée TAGT. Elle se traduit cliniquement par un angle anormal entre la rotule et l’insertion du tendon rotulien (signe de la baïonnette).

Il existe également d’autres facteurs d’instabilité secondaires : dysplasie de la rotule, trouble de torsion, axe des membres inférieurs…

Ces facteurs sont recherchés à l’examen clinique, sur les radiographies standards et sur le scanner.

Quand faut il opérer ?

Un premier épisode de luxation de rotule ne nécessite en général pas d’intervention chirurgicale. S’il existe une lésion importante du cartilage, une intervention chirurgicale est toutefois nécessaire.

A partir du 2ème épisode de luxation de rotule, une intervention chirurgicale pour stabiliser la rotule peut être proposée. L’âge (enfant et adolescent) peut parfois empêcher  la réalisation de l’intervention chirurgicale. Lorsque cela est possible, il est préférable d’attendre la fin de la croissance.

L’intervention chirurgicale

Une intervention stabilisatrice de la rotule peut être proposée en cas d’instabilité patellaire objective (luxation récidivante de rotule).

Le type d’intervention chirurgicale est adapté à chaque patient afin de corriger chaque anomalie retrouvée à l’examen clinique et  sur les examens complémentaires. Il s’agit en quelque sorte d’un « menu à la carte ».

  • Reconstruction du ligament fémoro-patellaire médial (MPFL) : Elle est réalisée lorsqu’il existe une rupture du ligament fémoro-patellaire médial, ligament situé entre la rotule et le fémur. Le plus souvent, la reconstruction se fait à l’aide d’un tendon prélevé sur le même genou, le tendon quadricipital.
  • Ostéotomie d’abaissement de la tubérosité tibiale antérieure (TTA) : Elle est réalisée lorsque la rotule est haute. La tubérosité tibiale antérieure, où se situe l’insertion du tendon rotulien, est abaissée, entrainant un abaissement de la rotule. L’ostéotomie  est fixée à l’aide de vis métalliques.
  • Trochléoplastie d’enfoncement : Elle est réaliséee lorsqu’il existe une dysplasie de trochlée importante. La forme de la trochlée est corrigée afin de modifier la convexité excessive de la trochlée. L’ostéotomie est fixée à l’aide de vis métalliques. C’est une intervention rare, pratiquée par peu de centre en France.

L’intervention chirurgicale est réalisée au bloc opératoire au cours d’une hospitalisation de jour (chirurgie ambulatoire) ou d’une hospitalisation courte (1 ou 2 nuits).

La durée de l’intervention dépend des gestes à réaliser. Elle varie le plus souvent entre 30 minutes et 1h30.

Les suites post-opératoires

Les suites post-opératoires d’une chirurgie stabilisatrice de la rotule sont le plus souvent simples. Elles dépendent du geste réalisé.

L’appui est le plus souvent autorisé. Une attelle est le plus souvent prescrite.

Des séances de kinésithérapie spécifiques seront prescrites en fonction du type de chirurgie réalisé.

L’arrêt de travail varie de 1 mois à 3 mois.

La reprise progressive des activités sportives se fait à partir du 3ème mois.

Les complications

Les principales complications sont le saignement (hématome ou hémarthrose), l’infection, la phlébite, une raideur articulaire, une algodystrophie.

Malgré la stabilisation de la rotule, il peut exister des douleurs de genou résiduelles.

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