Focus sur l’arthroscopie de hanche
L’arthroscopie de hanche est une technique chirurgicale mini invasive en plein essor qui permet de traiter de nombreuses pathologiques autour de l’articulation coxofémorale. Une caméra et des instruments fins sont insérés dans l’articulation par des petits incisions, ce qui a pour avantage de nettement améliorer la prise en charge et les suites après chirurgie.
Cette intervention peut être indiquée en cas de :
- Conflit fémoro acétabulaire. Il s’agit de la première cause de douleur de hanche chez le sujet jeune, souvent pratiquant un sport nécessitant de grandes amplitudes au niveau de l’articulation de la hanche (sport de combat, danse, football). Lors des grandes flexions, il se produit un frottement anormal entre le col du fémur et une partie de l’os du bassin appelé acétabulum. Ce conflit peut être favorisé par des anomalies anatomiques de l’articulation coxo fémorale.
- Lésions du labrum. Il s’agit du fibrocartilage que l’on retrouve sur le pourtour du cotyle et faisant partie des éléments stabilisateurs de la hanche. Celui-ci peut dans certains cas se fissurer.
- Corps étrangers intra-articulaires, comme par exemple, dans l’ostéochondromatose primitive qui est une pathologie caractérisée par la prolifération de nombreux petits morceaux de cartilage à l’intérieur de l’articulation.
- Tendinopathies ou bursites péritrochantériennes. Il s’agit d’une inflammation des parties molles, habituellement traitées par un traitement médical, mais certaines formes résistantes peuvent relever d’une indication chirurgicale. Par exemple, après prothèse totale de hanche, il peut arriver qu’il y ait un contact entre le tendon du muscle psoas et la cupule acétabulaire. Ce conflit peut occasionner une tendinite, souvent améliorée par la rééducation et les infiltrations, mais certaines formes peuvent être résistantes et nécessitent une section chirurgicale du tendon (=ténotomie).
Au-delà d’une rançon cicatricielle diminuée, cette technique présente de nombreux avantages, la principale étant la diminution des douleurs postopératoires. Elle permet également une récupération plus rapide et une reprise plus précoce des activités sportives comparativement aux techniques traditionnelles traitant les mêmes pathologies à ciel ouvert.
Toutefois, il s’agit d’un geste technique exigeant, nécessitant une expertise chirurgicale et une connaissance approfondie de l’anatomie. Comme toute chirurgie, elle comporte des risques qui sont rares mais possibles, tels que le risque de lésion nerveuse liée à la traction utilisée en peropératoire. Il est donc important de bien sélectionner les patients après un bilan d’imagerie précis et une consultation spécialisée pour bien peser les bénéfices et les risques de l’intervention.
En cas d’indication bien posée, cette approche moderne permet souvent d’éviter une chirurgie plus lourde et d’offrir aux patients une récupération plus rapide de leurs activités de la vie quotidienne après chirurgie.
A. Djebara